Stade Ernest-Wallon : Une préparation intense pour le World Rugby Sevens Series

Publié le 25 mai 2022 à 05h00

Catégorie : Pratiques

Le week-end dernier, le stade Ernest-Wallon a été occupé pendant trois jours pour le retour du circuit mondial à 7 en France : le World Rugby Sevens Series, . Une période intense pour l’équipe d’entretien du terrain racontée par l’intendant lui-même.

La Fédération Française de Rugby et le Stade Toulousain ont accueilli une étape du World Rugby Sevens Series pour trois jours de spectacle sportif les 20, 21 et 22 mai pour la première fois au Stade Ernest-Wallon de Toulouse. L’antre des Toulousains a reçu l’étape 9 sur 10 masculine et la finale féminine de ce fameux tournoi international de rugby à VII. Au total, 12 équipes se sont affrontées pour lacompétition féminine et 16 équipes pour la compétition masculine pendant trois jours. Le Stade Ernest-Wallon recevait d’autres oppositions quelques jours avant, ce qui a alourdi le travail des équipes d’entretien du terrain.

Une préparation intensive du terrain

Guillaume Gouze, consultant indépendant qui accompagne les institutions sportives, les clubs professionnels, les collectivités territoriales ou encore des structures privés pour l’organisation de manifestations sportives et leur projet infrastructurel, a participé au pilotage de l’organisation duWorld Rugby Sevens Series. Il reconnait le travail de l’équipe d’entretien du terrain qui a été très mobilisée en ce mois de mai :

« Il y a un enchainement important de matches à Ernest-Wallon avant et après la réception du World Rugby Sevens Series, laissant très peu de temps de préparation du terrain aux intendants. Effectivement, il y a eu le match opposant le Toulouse Olympique XIII au Wakefield Trinity le dimanche 15 mai lors d’un match de rugby à XIII pour la 12ème journée de Super League. Puis ils ont dû se préparer à la réception du World Rugby Sevens Series de rugby à VII du vendredi 20 au dimanche 22 mai. Enfin, leToulouse Olympique XIII affrontera le St Helens le 4 Juin en doublon avecle Stade Toulousain qui joue lendemain. L’équipe XV de rugby affrontera le Biarritz Olympique le 5 juin en raison de la finale de coupe d’Europe du 28 mai.  »

Romain Andreac, Head Groundsman du Stade Ernest-Wallon, affirme que la préparation du terrain pour la réception de cet événement a été très intense pour lui et son équipe :

 » Dans l’ensemble, cela s’est très bien passé. C’est un événement que nous avons préparé depuis plusieurs mois. Nous avons fait une série d’opérations mécaniques à deux reprises pour ce tournoi et avant d’être évalué par la Ligue Nationale de Rugby. Nous savions que nous allions perdre des points mais nous avons fait le choix de sacrifier les notations du terrain notamment sur la partie esthétique parce que nous ne pouvions pas répondre à tous les critères demandés[NDLR : la LNR réalise deux audits par an pour évaluerl’aspect esthétique général, la qualité de l’infrastructure et la performance agronomiquedes terrains]. Néanmoins, nous savions que nous allions gagner en qualité du terrain pour l’événement. Nous avons eu peur des conditions météorologiques très chaudes. Sur trois jours de matchs, il y a eu une seule pause de 45 minutes par journée pour mes collègues qui sont intervenus de manière individuelle lors de ces permanences. S’il y avait eu du dry-patch de façon récurrente, cela aurait été une véritable problématique.  »

Des choix osés mais payants

Le groundsman et son équipe ont dû faire des choix pour recevoir l’événement dans les meilleures conditions possibles. Ils ont livré un terrain avec un gazon extrêmement court mais bien pourvu en eau pour éviter de répondre à différentes urgences difficiles à gérer pour une seule personne par jour sur un timing très serré.

« Tout s’est bien passé et ils n’ont pas dû intervenir en urgence sur le terrain. Au niveau des opérations, avant l’événement, nous avons eu deux sessions de défeutrage au Rotadairon. C’est un balai qui effectue le ramassage. Sur la première session, nous avons utilisé des lames Carbure de 3 mm avec des petites dents comme sur des scies circulaires. Cela nous permet à la fois d’avoir un sillon parfait tout en ayant la même profondeur. Cependant, c’est assez lourd en terme de stress pour le gazon. Après cette opération, la plante est stressée pendant 5 à 10 jours : elle a du mal à pousser et présente une couleur un peu jaunâtre. C’est un sacrifice à faire pour extraire de la matière cohérente. La seconde fois, nous avons changé ces lames pour en mettre des standards qui ont tendance à découper plutôt que de faire des sillons. Cela permet d’extraire beaucoup de feuilles de manière moins lourde et d’avoir un gazon qui se régénère plus rapidement. Nous ne souhaitions pas prendre de risques peu de temps avant l’échéance où des maladies auraient pu se déclencher ou bien que le gazon perde en densité. Lorsque l’on se lance dans de telles opérations, il faut savoir qu’il y a une préparation avant et après en terme de protection phytosanitaire, d’engrais ou encore de sur-semis. Nous avons pris le parti de rendre un terrain le plus dense possible. Nous avons également coloré du sable en vert pour les plus grosses réparations avec les colorants de chez EdenColor [NDLR : en photo dans le diaporama à la fin de l’article].  »

L’intendant et son équipe ont eu les félicitations des différentes parties prenantes de l’événement dont les joueurs, le World Rugby, Guillaume Gouze ou encore Christophe Gestain, expert pelouse à la LNR.

Aucune opération ne sera réalisée dans les prochains jours puisque le gazon est très stressé après trois jours de matchs consécutifs. De plus, les joueurs du Stade Toulousain s’entraînent à plein temps depuis hier sur le terrain d’honneur en raison des travaux sur le drainage et le système d’arrosage du terrain d’entraînement. Les prochaines opérations devraient être réalisées à la fin de saison si les conditions climatiques le permettent ou alors en début de saison prochaine.

Lucas Sanseverino

Regardez les autres articles et les vidéos de Romain Andreac :

Le Stade Ernest-Wallon : une infrastructure surexploitée

Le premier carottage sur la technologie GrassMaster

De plus en plus de greenkeepers de golf sur les stades

La réalité du métier de groundsman et du zéro phyto

Visitez nos
autres sites