La reprise du Golf de Palmola par Guillaume Sajus

Publié le 3 mars 2022 à 06h00

Catégorie : Pratiques

Nous avons rencontré Guillaume Sajus, directeur général du Golf de Palmola situé proche de Toulouse, qui nous raconte comment il est passé d’intendant à directeur de golf.

Pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours personnel ?

Je suis originaire du Gers et j’ai 38 ans. J’ai commencé le métier il y a une petite quinzaine d’années maintenant. Je me suis dirigé dans cette voie par goût du jeu de golf et des structures qui englobent ce sport. Et, petit à petit, cela m’a amené àchanger d’orientation professionnelle et de faire la formation d’intendant de parcours de golf à Dunkerque. De là, j’ai fait ma formation en alternance au golf de Bondues de 36 trous à Lille où j’y suis resté 10 ans (ndlr. et où il a également rencontré Romain Andreac comme il nous l’explique dans l’article Le Stade Ernest-Wallon : une infrastructure surexploitée). J’ai d’abord occupé la place d’adjoint puis après d’intendant du parcours. On a effectué pas mal de gros travaux avec la réfection de l’arrosage, de tous les bunkers des 36 trous, du système de drainage des fairways et de la mise en place d’un schéma de sablage des fairways qui commence d’ailleurs à bien porter ses fruits maintenant. Et ensuite, de là-bas, j’ai été débauché pour aller prendre la suite de Jean-Michel Hérissé au golf du Domaine Impérial en Suisse, entre Genève et Lausanne, au bord du lac Léman, qui est un parcours d’excellence où j’avais un staff de jardiniers très conséquent de 25 personnes pour 18 trous. Cette expérience m’a permis d’apprendre vraiment ce qui était l’excellence et de travailler avec la pression d’aller vers un parcours vraiment très manucuré. Il s’agit d’un parcours de l’architecte Pete Dye qui n’en a pas fait beaucoup en Europe et il s’agit de parcours très complexes à entretenir parce qu’ils nécessitent beaucoup de travail d’entretien manuel notamment autour des greens en raison des importants mouvements de terrain. J’ai beaucoup appris avec Jean-Michel Hérissé notamment parce que le golf du Domaine Impérial avait trois labels environnementaux avec une vraie démarche de gestion différenciée passant par l’entretien à base de bactéries par exemple. J’ai donc pu allier l’excellence mais avec un entretien avec un plan de gestion différenciée et une lutte contre les espèces invasives. L’expérience au contact de Jean-Michel Hérissé m’a permisd’apprendre beaucoup du métier même 10 ans après mes débuts.

De manière générale, nous avons beaucoup à apprendrede nos aînés. Ce sont ou étaientde véritablespassionnés et de très bons techniciens qui n’avaient pas toutes les technologies actuelles dont on dispose. Malgré cela, ils toujours travaillé avec du bon sens et ils ont œuvrédans le développement du golf français en faisant progresser les qualités des parcours et la formation de nouveaux passionnés comme moi.

Comment êtes-vous arrivé au Golf De Palmola ?

Après mon expérience en Suisse, par des choix familiaux, nous avons décidé de rentrer dans notre coin d’origine dans le Gers et de à, l’opportunité de Palmola s’est présentée pour reprendre la gestion totale de la structure du Golf associatif en occupant le poste de directeur général aux cotés de Chrystel Alary, le greenkeeper qui est en place, avec qui je forme un excellent binôme. Nous réfléchissons quotidiennement à l’entretien du terrain et aux travaux. On échange quasiment presque quatre fois par jour pour ajuster l’entretien pour que le client soit satisfait et que cet entretien soit vraiment optimisé.

Pourriez-vous présenter votre équipe ?

Au Golf de Palmola, j’ai une équipe de 5 jardiniers permanents dont un jardinier mécanicien,Chrystel Alary est l’intendant du terrain et après, je prends, chaque année, quasiment 3 apprentis avec leCFPPA du Campus Albi-Fonlabour qui ont une spécificité “entretien de terrains sportifs engazonnés”. J’ai des très bons liens avec ce lycée. Il participe notamment àbeaucoup de travaux sur le golf avec des classes qui viennent ici. C’est hyper intéressant. Et puis j’accueille chaque année, des apprentis, ça me permet à la fois d’amener de la jeunesse dans mon équipe, de la formation et de faire découvrir le métier àdes jeunes.

Quelle est la spécificité du parcours de Golf de Palmola ?

D’un point de vue terrain, c’est un parcours 18 trous qui date de 1974 et qui a été fait par l’architectebritannique Michaël Fenn. C’est un parcours principalement boisé avec des trous signatures spectaculaires. On va dire que l’on n’en retrouve pas trop de ce type dans la région. Le parcours fait 70 hectares et, de plus en plus, on met l’accent sur le fait de laisser des zones naturelles et on met en place des schémas d’entretien pour préserver toutes ces zones et avoir le label environnemental. C’est notre démarche.Au niveau du sol, on est principalement sur de l’argileux. Nous avonsdes greens qui ont été construits sans drainage dessous, donc petit à petit, on essaie d’améliorer un peu les structures de sol mais surtout on met en place du drainage renforcé. On a créé le drainage sur le green directement pour les trous problématiques et, à terme, on espère drainer tous nos greens.

C’est un terrain assez compliqué à gérer en hiver parce qu’il retient beaucoup l’humidité c’est donc pour cela que l’on a commencé à mettre en place une importante politique de sablage de toutes ces zones. Il faut savoir que l’on consomme quasiment plus de 1500 tonnes de sable par an pour les fairways pour justement remonter un peu cette couche d’argile et remonternotre sol decette couche d’argile et l’améliorer progressivement afin qu’elle soitplus drainante. On a également entamé des travaux de drainage pour renforcer certains fairways qui nous posent vraiment problèmes l’hiver.

Quels sont les projets d’aménagement du parcours ?

Nous avons pour projet futur de mettre à l’entrée du Golf un petit parcours ludique de 3 à 6 trous pour en faire une zone d’entraînement mais également un petit parcours très compact de pitch & putt pour les enfants et pour les débutants afin de travailler différents coups de golf. On prévoit celasûrement pour 2024-2025avec le projet de l’hôtel 4* de 60 chambres, d’un tres grand SPA et d’un restaurant gastronomique qui sera construit a l’entrée du Golf Club de Palmola.

Combien de membres avez-vous ?

Nous sommes sur un Golf associatif avec plus de 500 membres. Quand je suis arrivé en juillet 2019, nous étions à 350 membres et mon objectif est d’arriver à 600 membres. A partir de ce nombre, nous gérerons de manière plus sélective les entrées. Cela sera de de l’entrée-sortie. Sion a la chance d’arriver à 600 membres,cela nous permettrait d’entretenir le golf de manière très correcte.Ma philosophie pour y arriver est de toujours privilégier le parcours en mettant en place des budgets de rénovation, d’amélioration, deparc machines mais surtout en gardant en place une équipeterrain conséquente, technique et passionnée.

Dans les prochains jours, nous publierons la suite de l’interview deGuillaume Sajus où le directeur nous parle de l’entretien du Golf de Palmola mais aussi des problématiques auxquelles est confrontée la filière de l’entretien des terrains de sport et notamment des golfs.

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)

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