Golf de Palmola : retrouver l'esprit britannique initial du parcours créé par Michaël Fenn

Dans cette seconde de l'interview, Guillaume Sajus revient sur l'entretien et la gestion de l'eau du parcours de Palmola et des travaux ambitieux à venir. Le directeur du golf souhaite retrouver l'esprit britannique initial du parcours créé par Michaël Fenn, un célèbre architecte britannique de golf.

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Nous avons rencontré Guillaume Sajus, directeur général du Golf de Palmola situé proche de Toulouse, et, dans la première partie de son interview, il nous racontait comment il est passé d'intendant à directeur de golf et la spécificité du parcours du golf de Palmola. Aujourd'hui, il nous parle de l'entretien et de la gestion de l'eau du parcours t des travaux ambitieux à venir.

Comment se déroule l’entretien classique du parcours ? 

En ce qui concerne les opérations majeures, on les réalise surtout lors des périodes hivernales pour se dégager vraiment du temps pour les semaines estivales où l’on réalise à ce moment-là l'entretien des surfaces de jeu.  Concernant l’entretien type, c'est un peu comme dans tous les golfs, on tond les greens tous les jours et deux à trois fois par semaine pour les fairways et les départs. On essaye de mettre en place un entretien avec des fréquences assez élevées à la hauteur de nos moyens parce qu’ici, je n’ai pas 25 jardiniers comme c’était le cas au Golf Impérial. J'essaye de réduire au fur et à mesure tous les espaces des roughs tondus en les laissant sauvages. En ayant des hauts roughs, on va justement diminuer la charge d'entretien qui me permet de me concentrer beaucoup plus sur les zones de jeu principales et de pouvoir y augmenter mes fréquences de tonte. Sinon, on réalise également des sablages sur les greens toutes les semaines. En période estivale, c’est quasiment toutes les semaines et en période hivernales tous les 15 jours. Et surtout, puisque l'on est sur un terrain très argileux, lors des sablages, j’englobe tout le complexe des greens qui ne se limite pas qu’au green lui-même mais également du pourtour du green de manière très large pour vraiment avoir un complexe de green qui soit de très bonne qualité. 

Quels sont les travaux réalisés et à venir ?  

Le Golf de Palmola arrivera à sa 50e année en 2024. Pendant toutes ces années, il y a eu des travaux d'amélioration mais qui n'était pas avec le même fil conducteur de ma philosophie en ce qui concerne la création.  On a perdu petit à petit un peu l'esprit d'origine de création de Michaël Fenn d’un golf vraiment typé britannique avec des bunkers de green qui avait certaines formes, assez petits, et au fur et à mesure des années, on s'est retrouvé avec des bunkers de forme ovoïdes très basiques et où le cachet de ce parcours c'est écarté de cette philosophie britannique. Mon but est de retrouver cet esprit et j‘ai donc demandé à Stuart Hallett, un autre architecte anglais de golf qui travaille en France et qui s'occupe de tous les golfs hauts de gamme de l'Hexagone comme Chantilly ou encore Chiberta, s’il était d’accord de me faire le plan du Palmola de ses débuts pour revenir à la forme originelle. Ce que je veux, quand on vient jouer à Palmola, c’est que l'on s'en souvienne, que l'on se dise qu’il y a une véritable identité et une âme comme c'est le cas dans les merveilleux parcours comme le Golf de Saint-Germain, celui de Saint-Cloud ou encore celui de Saint-Nom-la-Bretèche.  Le plan réalisé par Stuart Hallett, c'est ma base de travail pour les années à venir où l’on retrouvera des départs avec des formes rectangulaires et non ovales, avec une tonte bien précise pour retrouver ce cachet. L’objectif est de coupler cette finesse d’entretien avec la rénovation de tout le système d'arrosage que nous avons entamée grâce aux aides notamment des agences de l'eau. Ces travaux se découpe en 4 phases et chaque année, là où on fait les travaux d’arrosage, on fait également les rénovations sur le parcours. 

Pourriez-vous présenter ces 4 phases de travaux ? 

Alors cette année, je suis allé un peu vite. L'année dernière, j'ai fait deux phases en même temps. En début d'année, c'était les premiers trous et on s'occupait de quelque chose de très urgent au niveau du grand lac que l’on a en bas du parcours où l’on avait les berges qui tombaient. Il s’agit de berges qui soutiennent des greens et autres zones de jeu.  On a donc refait les trous N°2, N°3 et le début du N°4. Ça, c'était ma première phase et j'ai refait l'arrosage et les plateaux de départ avec les bunkers de green.  Depuis fin d'année 2021, on est sur la 2e phase qui se passe sur d'autres trous où l'on opère sur la réflexion et la création de nouveaux départs pour repositionner ceux déjà existants. On souhaite également drainer un fairway dans sa totalité et refaire les bunkers de greens. Il restera encore deux phases et suivant les budgets, je verrai comment on s’organise.  

Quel était le système d’arrosage à ton arrivé ? 

C’est un système d’arrosage qui a plus de 40 ans, en PVC et qui casse de partout. Nous étions en bloc-système au niveau des greens et des départs. Il y’avait même, et je n'avais jamais vu ça encore, des greens couplés à des départs. Lorsque l’on déclenchait le green, le départ l'était également pendant la même durée.  Pour une finesse d'entretien et de meilleure gestion des apports que l'on peut mettre sur les greens, on essayait de faire un green avec des qualités sportives où l’on cherchait à l’assécher un petit peu mais du coup, notre départ décrochait complètement. Donc, on se baladait avec des spinkler toute la journée sur nos départs. 

On est maintenant passé en back-to-back avec un arrosage en intérieur et extérieur de green différencié. Les départs sont découplés, ce qui permet de vraiment ajuster les doses et de faire des économies d'eau parce qu'au final, je m'aperçois qu’avec la rénovation de l'arrosage, on fait environ 15% d'économie d’eau. L’eau provient du réseau agricole, sur lequel on est accordé, relié au Tarn directement, qui est acheminée par un tuyau agricole et qui arrive dans le gros bassin de plusieurs hectares en bas du parcours. Et depuis, ce bassin, je pompe l’eau. 

 Mais, la problématique à Palmola, c'est que je suis en bout de ligne agricole, et qu’avant nous, il y a énormément de champs de maïs. En pleine saison, j'arrose la nuit et je remplis mon lac la journée. Le problème c'est que je n'ai souvent pas assez de débit et donc je dois vraiment gérer ma ressource en eau parce que suivant la saison, je diminue considérablement l'arrosage des fairways, quitte à les rendre bien secs, parce que j'ai besoin de garder de l'eau pour mes graines et pour mes départs.  L’hiver, mon lac est déjà plein et je n'ai pas de capacité de stockage supplémentaire. Lors de cette période hivernale, le lac déborde par le ruisseau et l'eau retourne dans le Tarn. Mais en saison, je consomme environ 5 cm de hauteur sur mon lac, la journée d'après, j'arrive à le remonter que de 2 cm. Avec l'évaporation et tout cela, la gestion en eau assez compliquée. Mais avec ce nouveau système d'arrosage, on va pouvoir piloter beaucoup plus finement nos apports et j’ai déjà constaté des économies en eau dès la première année en n’ayant pas le système total d'arrosage de rénové. Sur quelques trous déjà rénovés, j'ai vu l'efficacité du nouvel arrosage. 

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)

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