Le projet stratégique ambitieux et novateur du SEMAE

Publié le 15 mars 2021 à 06h00

Catégorie : Pratiques

Julien Bouffartigue, secrétaire général du SEMAE, l’interprofession des semences et des plants, anciennement connu sous le nom du GNIS, a répondu à nos questions. Voici l’interview.

Pourriez-vous expliquer cette transition du GNIS au SEMAE ?

L’année 2020 a été le fruit d’une réflexion en profondeur, qui a conduit à la mise en place d’un projet stratégique pour les années à venir, afin d’accompagner la filière dans son adaptation aux attentes sociétales et environnementales croissantes. Ce projet stratégique ambitieux et novateur s’inscrit dans le prolongement du plan de filière élaboré en 2017, autour de plusieurs axes : mieux répondre aux attentes des citoyens, des consommateurs et des clients ; innover pour accompagner les filières en transition agroécologique ; protéger, enrichir et diffuser la biodiversité. Un 4ème axe va venir compléter ce plan afin de renforcer la compétitivité et l’attractivité de la filière. Afin de relever les grands défis que sont l’utilisation des produits phytosanitaires, la gestion de l’eau, le respect et la préservation de la biodiversité, l’adaptation des productions végétales aux aléas climatiques croissants, et l’assurance d’une alimentation saine et de qualité, SEMAE se construit autour d’une raison d’être « Assurer la disponibilité et la fourniture de semences et plants de qualité en s’adaptant à la diversité des attentes des agriculteurs, des jardiniers et des consommateurs en France ainsi que sur les différentes zones de la planète. » L’interprofession s’ouvre à la société en étant plus que jamais à l’écoute des enjeux sociétaux avec la mise en place d’actions concrètes pour y répondre. Elle s’ouvre aussi à la diversité en étant capable de servir les différents modèles d’agriculture sans les opposer mais également à l’ensemble de la filière en élargissant le périmètre de l’interprofession afin qu’elle soit celle de toutes les formes et de tous les usages des semences et plants. Ces enjeux se construisent autours de 4 valeurs clés : la solidarité, l’ouverture et la transparence, l’innovation et le progrès et la responsabilitémais également de quatre engagements majeurs qui sont l’ouverture, la transversalité, la transparence et le service rendu. Afin de porter ces évolutions, l’interprofession change de nom et SEMAE symbolise désormais ses valeurs et ses objectifs.

Comment travaillez-vous avec les différents acteurs des terrains de sports (fédérations, greenkeepers, etc.) ?

Les utilisateurs de semences sont représentés au sein des instances de SEMAE. Cependant, pour les gazons, la diversité des utilisateurs est trop grande pour dialoguer avec eux uniquement à travers ces dernières. Ces échanges avec les acteurs des terrains de sports a lieu au sein de l’Association des Professionnels des Gazons (SFG) dans laquelle SEMAE est depuis longtemps très impliquée. Nous sommes notamment intervenus lors de la dernier Journée Technique organisée par l’association.

Auriez-vous un commentaire à apporter sur l’arrêté 15 janvier 2021 sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ?

La raison d’être de SEMAE est « Assurer la disponibilité et la fourniture de semences et plants de qualité en s’adaptant à la diversité des attentes des agriculteurs, des jardiniers et des consommateurs en France ainsi que sur les différentes zones de la planète ». Nous sommes donc au soutien de la filière semences à gazon qui est pleinement mobilisée pour fournir de nouvelles variétés, de nouvelles approches dans la composition des mélange, permettant aux utilisateurs d’envisager sereinement les changements de pratiques induits par cet arrêté.

Quelles sont les conséquences sur le marché des semences ?

L’envie de plus de vert exprimé par nos concitoyens va certainement augmenter les surfaces végétalisées au sein des espèces urbains. Mais plus que le quantitatif, les changements des pratiques ont un impact fort sur les critères qui guident le travail des sélectionneurs. Les tolérances au maladie ou la résistance à la sécheresse sont devenus notamment des axes d’innovation importants. Ils viennent compléter ceux qui étaient déjà centraux pour les terrains sportifs, comme la résistance au piétinement ou la vitesse d’installation. On peut rappeler qu’il faut 15 ans pour développer une nouvelle variété de gazon. La filière sait heureusement faire preuve d’un vrai sens de l’anticipation. Les nouvelles variétés qui arrivent sur le marché aujourd’hui sont d’ors et déjà plus performantes dans le cadre des nouvelles pratiques et modes de gestions des pelouses.

Dans les 5 ans, qu’est-ce que vous avez prévu à cet effet et quels sont les objectifs du SEMAE ?

La diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires demandera demain à l’utilisateur des compétences « agronomiques » plus pointues pour garder de beaux gazons. Il faut que chacun revienne au végétal en lui-même, dont les caractéristiques intrinsèques sont porteuses de solutions. Savoir choisir la bonne espèces, la bonne variété, la semer au bon moment, dans de bonnes conditions… A notre sens, le facteur humain sera central, il n’y aura pas de solution technique miracle. Nous souhaitons donc œuvrerà la formation au sens large à travers la diffusion d’informations techniques accessibles à des publics variés, sous forme papier ou à travers des tutoriels vidéos. Nous allons même plus loin en subventionnant des formations pour les vendeurs en jardinerie. Pour les gazons de sport, nous soutenons la SFG dans sa volonté de faire monter en compétence les gestionnaires de pelouses sportives au niveau amateur.

Qu’est-ce que les sociétés membres font-elles en commun ? Avez-vous pris des mesures communes ensemble ?

Les utilisateurs n’y pensent pas forcément, mais les évolutions de pratique concernent aussi la production de semences. Or cela demande beaucoup de recherche et d’innovation pour mener à bien de telles évolutions tout en continuant à approvisionner le marché en semences de qualité à des prix raisonnables. SEMAE cofinance, avec ARVALIS, un programme d’actions techniques, mis en œuvrepar la Fédération Nationale des Agriculteurs-Multiplicateurs de Semences (FNAMS), dans cette optique. Les résultats de ces programmes expérimentaux sont diffusés au près de tous les acteurs de la filière pour qu’elle progresse collectivement et réponde encore mieux demain aux attentes des utilisateurs et de la société.

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)

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