Poa pratensis : le retour de l’eau ne suffit pas toujours
Publié le 29 octobre 2026 à 07h00
Catégorie : Recherche & innovation
Une étude chinoise menée sur Poa pratensis a montré qu’après une période de stress hydrique, même après deux semaines de réarrosage, le pâturin des prés ne revenait pas nécessairement à la normale. Les chercheurs ont observé que le système racinaire restait fortement affecté.
Le 6 octobre 2026, dans la revue Agronomy, des chercheurs de l’Université de Qinghai en Chine ont publié leurs recherches sur la capacité du pâturin des prés (Poa pratensis) à récupérer après une sécheresse plus ou moins sévère après le retour de l’eau.
Des pâturins des prés prélevés sur le plateau de Qinghai ont subi, durant 14 jours, 4 régimes hydriques différents :
- témoin : 75-80 % de la capacité au champ
- sécheresse légère à 60-65 %
- sécheresse modérée à 40-50 %
- sécheresse sévère à 30-35 %
Ils ont ensuite été arrosés pendant 14 jours. Les chercheurs ont mesuré la longueur, la surface, la biomasse et l’activité racinaires, l’état hydrique et physiologique de la plante, le taux de chlorophylle et plusieurs activités enzymatiques de la rhizosphère.
Résultats : toutes les sécheresses ne laissent pas les mêmes traces
Selon les chercheurs, plus la sécheresse est prononcée, plus le système racinaire est affecté. Ainsi après 14 jours de sécheresse sévère :
- – 55,1 % de longueur racinaire
- – 54,7 % de surface racinaire
- – 53,1 % de biomasse racinaire
- – 54,1 % d’activité racinaire
Après la sécheresse et 14 jours de réarrosage, plusieurs phénomènes ont été observés :
- sécheresse légère : retour des paramètres racinaires au niveau du témoin
- sécheresse modérée : récupération incomplète
- sécheresse sévère : longueur et surface racinaires restent environ 44 % inférieures au témoin, tandis que la biomasse racinaire reste inférieure de 45 %
Même tendance dans la rhizosphère, où les activités de l’uréase, de la sucrase et de la phosphatase alcaline sont respectivement 29,7 %, 34,5 % et 30,3 % sous les niveaux du témoin.
Pour résumer, le retour à l’eau, même pendant 14 jours, ne signifie pas forcément un retour à la normale. Une sécheresse sévère peut laisser des séquelles durables sur le système racinaire de la plante. Autre constat intéressant souligné par les chercheurs chinois : c’est en sécheresse modérée que Poa pratensis mobilise ses réponses physiologiques de défense les plus fortes, comme l’accumulation de proline et de sucres solubles (qui aident les cellules à retenir l’eau et maintenir leur fonctionnement) et l’activité d’enzymes antioxydantes (qui vont supprimer les molécules oxydantes causées par le stress hydrique).
Retrouvez l’étude en cliquant ICI.
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