Passés croisés : Stade Marcel Michelin versus Stade de France

Publié le 4 décembre 2017 à 08h30

Catégorie : Pratiques

D’un côté l’enceinte d’un des meilleurs clubs de rugby de France et d’Europe : le stade Marcel Michelin, antre de L’ASM Clermont Auvergne. De l’autre, la tête de gondole des stades de football, qui a servi d’arène au sacre des Bleus en 1998 : le Stade de France. Ces deux stades n’ont pas la même histoire, ni la même ancienneté, mais ils partagent au moins un point commun : leur gazon donne entière satisfaction à leurs propriétaires.

Autre point commun : les deux enceintes bénéficient d’un gazon renforcé en Grassmaster de chez Desso. L’occasion des 48hdu Gazon Sport Pro était trop belle pour ne pas croiser les expériences de Jean-Luc Loignon, Directeur administratif de l’ASM Clermont Auvergne et d’Andy Cole, Directeur de I Turf Management, société chargée de l’exploitation du Stade de France.

Les deux stades devaient répondre à des besoins similaires : offrir un gazon d’une qualité requise par le haut niveau tout en accueillant des manifestations extra-sportives. Besoins qui ont amené les deux maîtres d’ouvrage (le club de l’ASM et le Consortium Stade de France) à opter pour un gazon renforcé de type Grassmaster.

Retour en 2011 : au stade Marcel Michelin, le gazon atteint un état « impraticable ». La construction de nouvelles tribunes fermant totalement l’enceinte privent la pelouse de la ventilation naturelle dont elle bénéficiait jusqu’alors. Par ailleurs, le gazon était dépourvu de tout système de drainage. Il est conservé cahin-caha pendant encore trois ans, mais la frustration des joueurs va crescendo, ce qui pousse le club à sauter le pas et à entreprendre d’importants travaux. L’intégralité du fond de forme est reprise, des drainages sont mis en œuvre, un circuit chauffant électrique est posé et le nouveau gazon semé, sur son substrat renforcé par ses fibres de gazon synthétiques. On connaît la suite : à l’issue du dernier classement des pelouses de la LNR, c’est le stade Marcel Michelin qui finit en tête. « Le résultat va même au-delà de nos espérances, s’enthousiasme Jean-Luc Loignon, les choix que nous avons faits sont vraiment des choix heureux. »

Pour le Stade de France, la bascule survient fin 2015 : se profilent pour 2016 les rencontres du Tournoi des Six Nations, ainsi que l’Euro qu’organise la France à l’été. En janvier 2016, exit l’ancien gazon reposant sur un substrat Terrafoot, place à un gazon renforcé assorti lui aussi d’un câble chauffant. « Le terrain a survécu aux mêlées de France-Irlande », se remémore Andy Cole. Outre les crampons des rugbymen du Tournoi et des footballeurs de l’Euro, le gazon du stade de France a dû essuyer de nombreux concerts en 2017. Mais à l’image du stade Marcel Michelin, le Stade de France remplit le cahier des charges qui lui a été assigné.

Si la présence de fibres synthétiques dans le substrat – qui soutiennent le système racinaire – y est pour quelque chose, c’est aussi, selon Andy Cole, le soin accordé à la maintenance qui fait la différence : « La maintenance d’un gazon renforcé ne demande pas forcément plus de moyens, assure-t-il. Le tout est de bien définir son business model : combien de clubs résidents utiliseront le terrain : un, deux, trois ou quatre? Et quel type d’évènements extra-sportifs seront organisés ? S’agira-t-il d’accueillir un quatuor à cordes ou un groupe comme U2 ? Et quel type de substrat renforcé sera choisi… ? »

Si la multiplication des débouchés permet d’augmenter les revenus d’un stade, encore faut-il que l’intendant parvienne à faire passer l’état de son gazon en priorité ! Jean-Luc Loignon l’assure, au Stade Marcel Michelin, c’est bien le jardinier qui est le « personnage central » des arbitrages relatifs aux plannings. Et Andy Cole de conclure : « L’organisation d’un concert sur une pelouse peut être un crève-cœur pour un intendant, mais c’est aussi un challenge ! » Jusqu’ici, les faits semblent leur donner raison à tous les deux…

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