Neige, gel, pluie : La préparation dantesque de la pelouse Jean Alric (Aurillac)
Publié le 15 janvier 2026 à 07h00
Catégorie : Actualités
En marge de la rencontre de Pro D2 face à Colomiers, les agents techniques en charge de l’entretien de la pelouse Jean Alric d’Aurillac ont vécu l’enfer hivernal : gel, neige, pluie… Arthur Gach revient sur une semaine qu’il n’est pas près d’oublier.
Les fantômes du passé ont plané sur la pelouse du stade Jean Alric d’Aurillac en ce début d’année. En janvier 2025, en raison des conditions climatiques, la réception de Mont-de-Marsan avait été reportée par l’arbitre. Un an plus tard, la crainte était de mise pour la réception de Colomiers le vendredi 9 janvier au vu des conditions dantesques dans le Cantal.
A Aurillac, les températures sont restées sous les -10°C pendant plus de dix jours, allant jusqu’à -12°C. Dès le mardi 30 décembre, la décision a été prise de bâcher la pelouse. A partir du 5 janvier, pour faire baisser le gel, trois chaudières aérothermes ont été installées sous la bâche. Deux autres ont été ajoutées compte tenu des températures extrêmes. Il y avait au total 5 aérothermes jour et nuit jusqu’au jeudi précédent le match.

Le mercredi 7 janvier, la neige s’est invitée à Jean Alric et a recouvert la bâche, annihilant l’effet de dôme et empêchant l’air chaud de circuler. Le lendemain, la neige s’est arrêtée, laissant place à la pluie. « Nous avons pris la décision de déneiger pour pouvoir débâcher le terrain », explique Arthur Gach, responsable de l’équipe d’entretien des terrains de sports extérieurs de la Ville d’Aurillac. Si déneiger à même la bâche n’est d’ordinaire pas recommandé, l’équipe terrain n’a pas eu le choix. La pluie, au lieu de faire fondre la neige, a créé une sorte de bouillasse. Entre le passage délicat d’une lame à neige, les finitions à la raclette et la lourdeur de la bâche, les 7 opérateurs ont mis pas moins de 7 heures pour débâcher le terrain.
« C’était très long et pénible. Certains étaient venus la nuit pour recharger les aérothermes. L’équipe était très fatiguée. En parallèle, l’équipe pro voulait faire sa mise en place sur le terrain », ajoute Arthur Gach. A 17h le jeudi, la mise en place de l’équipe a lieu sur un terrain gorgé d’eau, ce qui n’a pas arrangé son état, avec certaines parties toujours gelées.
Une rencontre maintenue
La dernière nuit avant le match a finalement eu raison du gel, même si le terrain restait gras en raison de la pluie. Les précipitations ont rendu le traçage du terrain difficile. Celui-ci s’est fait en plusieurs fois, les lignes de touche ont été retracées à la mi-temps du match. L’arbitre a validé la tenue de la rencontre, et Arthur Gach et son équipe ont pu pousser un ouf de soulagement.
Si le Stade Aurillacois s’est incliné d’un point face à Colomiers (14-15), on était plutôt rassuré dans le Cantal que la rencontre ait pu se jouer. « L’année dernière, avec le même dispositif, le match n’avait pas pu se jouer. Entre le stress et la fatigue accumulés cette semaine, je suis surtout soulagé pour les gars. Ils ont fait preuve de courage, certains sont revenus de congé, ont fait des heures supplémentaires… », confie le responsable de la pelouse Jean Alric. « Nous avons l’habitude du gel, mais alors le combo gel, neige suivie de la pluie, ça c’était du jamais-vu ! »
Quelles perspectives avec le futur terrain synthétique ?
Le Stade Aurillacois va enchainer deux matchs à l’extérieur avant de revenir à Jean Alric le 30 janvier pour la réception de Valence-Romans. Arthur Gach ne sait pas si le même dispositif sera reconduit en fonction des conditions climatiques.
Sera-ce la dernière fois que la gestion de la pelouse en hiver sera si difficile à Aurillac ? Pas sûr. Malgré l’officialisation de l’arrivée d’une pelouse synthétique dès l’été 2026, le responsable de l’équipe d’entretien des terrains de sports extérieurs de la Ville d’Aurillac que tout devienne subitement simple l’hiver. « Nous savons que le liège gèle, la rafle de maïs aussi apparemment. Nous ne savons pas comment nous ferons l’année prochaine. Sur un terrain naturel nous savions gérer, sur un synthétique c’est l’inconnu : va-t-on bâcher ? Peut-on mettre de l’aérothermes ? », s’interroge-t-il.
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