Dax : Le bâchage comme levier de restructuration après les pluies
Publié le 13 mars 2026 à 07h00
Catégorie : Pratiques
Endommagée par les importantes précipitations enregistrées depuis janvier, la pelouse du stade Maurice-Boyau de Dax nécessite un protocole rigoureux pour favoriser la reprise du gazon. Jean-Philippe Laborde, responsable technique des installations sportives de Dax, explique la stratégie mise en place.
Après la pluie vient le beau temps… Et au vu des quantités d’eau tombées sur Dax et son stade Maurice Boyau ces dernières semaines, le soleil est attendu avec impatience ! Le 20 février 2026, la rencontre de Pro D2 opposant Dax à Provence Rugby a été délocalisée au stade Jean Dauger de Bayonne en raison de l’état de la pelouse Maurice-Boyau.
Les intempéries ont eu raison de la structure d’une des dernières pelouses naturelles du championnat, élue meilleure pelouse naturelle Top 14/Pro D2 en 2024/2025. Jugée impraticable par la LNR, le terrain, saturé d’eau, ne présentait plus une portance suffisante. Les équipes terrain de la ville ont 5 semaines pour remettre la surface en état avant le prochain match à domicile face à Grenoble le 27 mars. C’est assez pour mettre en place une stratégie de reprise, pensée et mise en place en interne par Jean-Philippe Laborde.
Maurice Boyau boit l’eau
Comme l’indique Jean-Philippe Laborde, responsable technique des installations sportives de Dax depuis 39 ans, la pelouse a connu des précipitations trop abondantes depuis le mois de janvier.
Les pluies soutenues ont entrainé une montée des eaux de l’Adour, le fleuve qui traverse Dax, avec pour conséquence une remontée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à 40 cm sous la surface de jeu.
Cinq semaines, top chrono
Dans leur malheur, les Dacquois bénéficient d’une fenêtre de 5 semaines sans match à domicile pour rectifier le tir. Dès lors, un protocole de reprise a rapidement été mis en place pour restructurer le sol complètement, en s’appuyant sur ce qui avait déjà bien fonctionné en janvier 2025. « Nous en avons profité pour resabler (60 tonnes) et apporter du gypse (calcium) dans le but de restructurer le squelette », explique le responsable. La pelouse a ensuite été regarnie en Ray-grass puis fertilisée.
Pour favoriser une reprise végétative rapide, l’équipe décide de bâcher le terrain avec une couverture P17 dès le 24 février. « Le matin il fait 4-5°C et l’après-midi 17-18°C. Nous souhaitons faire monter la température du sol malgré ces écarts. Avec la bâche, notre sonde indique 14°C à 8-10 cm du sol », précise Jean-Philippe Laborde.
L’humidité du sol, conservée sous la bâche, combinée aux températures extérieures, peuvent favoriser le développement de maladies. Pour l’éviter, une surveillance quotidienne de la pelouse est assurée. Au niveau des jonctions, la bâche n’est pas doublée mais mise bord à bord, afin d’éviter une accumulation excessive de chaleur et de préserver les échanges gazeux.
Le bâchage sera maintenu pendant une période d’environ sept jours afin de favoriser la reprise végétative. Un débâchage à 7 jours est prévu pour permettre la réalisation de plusieurs interventions d’entretien : tonte, piquage du sol, ainsi que l’application d’un biostimulant, et d’un activateur racinaire afin de stimuler l’activité racinaire.
Par ailleurs, une opération de pavage sera réalisée sur une zone ayant subi d’importants traumatismes, afin de rétablir rapidement la continuité du couvert végétal. Un rebâchage pourra ensuite être mis en place, en fonction de l’évolution des températures du sol, pour une durée estimée entre trois ou quatre jours, dans l’objectif d’optimiser la densification du système racinaire et la reprise du gazon.
A Dax, tout est fait en interne
« Tout a toujours été fait en interne à Dax ! », lance Jean-Philippe Laborde, à la tête d’une équipe de sept agents en charge de l’entretien de onze terrains.
En poste depuis 39 ans, le responsable technique des installations sportives connait les pelouses dacquoises sur le bout des doigts. Il a surtout vu son métier grandement évolué au fil des années, à tous les niveaux : l’irrigation avec des sprinklers puis des enrouleurs, et maintenant les arroseurs, la montée en puissance des données très utiles pour l’aide à la décision…

Il voit d’un bon œil l’arrivée du Zéro Phyto pour toute la filière. « L’arrivée du zéro phyto nous a amenés à nous remettre en question et à revoir nos pratiques d’entretien. Cette évolution nous a naturellement conduits à privilégier des solutions agronomiques simples, cohérentes avec le fonctionnement du sol et du végétal », indique-t-il.
En fin de saison, un défeutrage sera réalisé, suivi d’un regarnissage afin de maintenir un couvert végétal uniforme. Une attention particulière sera également portée à la surveillance des maladies, ainsi qu’à l’installation éventuelle de la digitaire.
