[Débat d'idées] Christophe Roux : " Nous nous orientons vers des méthodes culturales pour lutter contre les maladies de façon raisonnée et raisonnable "

Publié le 2 août 2019 à 09h29

Catégorie : Paroles d’experts

Cette semaine, c’est au tour de Christophe Roux, intendant du Golf Royat Charade, de répondre à notre série de tribunes « 0% phyto, 100% mytho? ». 

Utilisez-vous des produits phytosanitaires ?

Cette année c’est différent, nous en utilisons moins. En ce qui concerne les maladies, nous avons mis en place un procédé qui permet d’éviter leur développement grâce à des produits « anti-rosée ». Ce produit permet de limiter la prolifération de maladies. Nous utilisons également beaucoup plus de fer en apport et les résultats ont été très flagrants, ce fût une révolution !

Auparavant, je traitais tous les mois. Cette année a été très différente puisqueje n’aitraité que pendant les ¾ de la période hivernale. Je me demandesi cela ne proviendrait pas du fait que cette année soit un peu particulière. Il faut voir si cela se concrétise l’année prochaine.

Cependant, au printemps, nous continuons à utiliser des traitements sélectifs contre les pissenlits et les pâquerettes pour répondre aux exigencesdes golfeurs.

Comment se présente cetanti-rosée ?

L’anti-rosée se présente de la manière suivante : c’est un produit qui supprime la rosée sur les feuilles de la plante. C’est une solution liquide qui s’applique à un litre par hectare. Il a le même effet que les plantes d’appartement lorsqu’elles sont arrosées. L’eau ne descend pas directement dans le pot. En plus de son effet anti-rosée, il permet d’attirer et de faire pénétrer davantage l’eau. Le résultat est flagrant !

En plus des opérations mécaniques que l’on effectue et de l’utilisation de ce produit, je ne fais pas de carottage. Cela nous permet d’avoir des greens très corrects même en sortie d’hiver. La particularité de notre parcours est que nous n’avons pas de greens d’hiver. Malgré les gelées, nous avons des greens qui sont tous le temps joués et ils ressortent bien grâce à ce type d’entretien. C’est aussila situation géographique du golf qui lui permet d’être tout le temps joué.

Le métier de Greenkeeper change-t-il avec la réglementation et la restriction de l’utilisation des produits phytos ?

Cette restriction avait déjà démarré lors de l’augmentation du prix des produits. Concernant les maladies, nous nous orientonsvers des méthodes culturales pour lutter contre ces maladies de façon raisonnée et raisonnable. Toutefois, je ne pense pas que nous pourrons nous passer des traitements sélectifs. La seule façon de lutter contre cela, c’est que le golfeur accepte de jouer avec la présence de pâquerettes et de pissenlits sur le parcours.

Pour l’entretien des greens, nous n’utilisons pas de produits, nous les fertilisons, les sablons et les scarifions, etc.

redactionateprofield.com (Lucas Sanseverino)

Retrouvez les avis d’autres spécialistes concernant cette tribune :

Romain Giraud, Natural Grass: « Le manque de connaissance sur certains nouveaux pathogènes rend difficile le contrôle des épidémies »

Joël Carol, greenkeeper du Golf de Falgos : « Le problème est avant tout un problème de comportement et de mentalité »

Romain Giraud, Natural Grass: « Le Zéro phyto est incompatible avec la qualité exigée actuellement »

Lucas Pierré, Golf national: « Le Zéro phyto, il faut s’y mettre dès maintenant »

Laurent Princep, Greenkeeper du Golf de la Grande Motte : « Le zéro phyto peut être une réalité, à condition de ne rien imposer aux greenkeepers »

François Brouillet, Président d’Hydraparts : « Acquérir la culture de la mesure pour mieux anticiper »

Visitez nos
autres sites