Golf de Bressuire : un parcours entretenu sans produits chimiques

Publié le Vendredi 27 septembre 2019 à 09:26

Louis Vandenborre, greenkeeper au Golf de Bressuire, a le plaisir et la fierté de nous montrer le travail effectué par son équipe. Le pari était de ne pas recourir aux produits chimiques, le tout en moins de deux ans.

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Louis Vandenborre, greenkeeper au Golf de Bressuire, a répondu à nos questions pour expliquer comment ce golf est entretenu depuis deux ans sans utiliser de produits chimiques.

Depuis quand êtes-vous présent sur le Golf de Bressuire ? Quel est votre parcours personnel ?

J’ai commencé comme jardinier au golf d’Augerville-la-Rivière (d’où je suis originaire), puis jardinier et greenkeeper adjoint au golf de Saint-Germain-lès-Corbeil, et enfin greenkeeper au golf de Verrières-le-Buisson avant d’arriver à Bressuire en mars 2018

De combien de personnes se constitue votre équipe pour entretenir le parcours ?

Nous sommes cinq : quatre jardiniers dont trois permanents et un saisonnier.

Quel est le substrat utilisé sur le golf de Bressuire ?

Il s'agit d'un mélange composé de sable et de « Matrix », un produit de chez Olmix, en remplacement de l’ancien substrat qui composait nos greens (sable, tourbe, compost), mis en place petit à petit lors de nos aérations.

Comment se déroule l’entretien du parcours sans recourir aux produits chimiques ? (Opérations mécaniques, plan de fertilisation etc…)

Nous avons mis en place un programme spécifique pour l’entretien de nos greens, en accord avec l’association sportive, qui me laisse le choix de placer au meilleur moment nos opérations mécaniques : quatre aérations sur la période d’avril à octobre, des verticuts réguliers selon l’agressivité de l’agrostide (virgule) et topdressing une fois par mois pendant toute la saison de pousse. Pour la nutrition des greens, nous avons choisi des engrais avec une base organique végétale qui correspondait mieux aux besoins de la plante et en complément des micronutriments à base d’algues de la gamme Olmix. Nous utilisons différents produits biostimulants pour renforcer la plante et dégrader le feutre. Le pulvérisateur sort au minimum une fois par semaine, ce qui demande une organisation millimétrée.

Depuis quand avez-vous mis en place cette réduction de produits phytosanitaires ?

Sur le golf de Bressuire, dès mon arrivée. C’était une condition du maire, Jean-Michel Bernier, et son équipe lors de mon recrutement. Condition à laquelle je me suis plié sans problème, puisque j’appliquais déjà ce genre de programme dans mon précédent poste.

Et pourquoi cette volonté de ne pas utiliser de produits chimiques ?

C’est une demande de la mairie et une conviction personnelle. Bressuire n’est pas mon premier coup d’essai. À Verrières-le-Buisson nous avons divisé par quatre le nombre de passage de produits chimiques.

Comment gérez-vous l’arrosage du parcours et d’où provient l’eau ?

L’eau provient des collecteurs de drains, d’un bassin d’orage et des fossés connectés à notre bassin de régulation. Pour les fossés nous avons l’autorisation de collecter d’octobre à mars. Nous n’avons pas d’impact sur les milieux phréatiques et aquatiques pendant la période estivale car nous vivons sur les réserves du bassin, la gestion et l’apport d’eau sont très suivis quotidiennement pour éviter le gaspillage.

Nous n’arrosons que nos greens et les tees. Les fairways ne sont pas équipés d’arrosage, c’est une autre mode de gestion pour les tenir verts plus longtemps.

L’arrosage se fait en fonction de l’ETP et l’apport d’eau est fractionné. Nous possédons un système Hunter Pilot CC avec des arroseurs de la série G800, avec électrovanne incorporée. Ce qui permet d’être plus précis et de mieux répondre aux besoins.

Quelles difficultés avez-vous rencontré ? (Maladies etc.)

Nous avons dû régler des problèmes d’ophiobolus. Le problème a duré cinq mois, le temps que le programme d’entretien se mette en place pour être efficace.

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)