Rugby : les joueurs relancent le débat sur les terrains synthétiques

Publié le 12 juin 2026 à 07h00

Catégorie : Actualités

Dans le podcast Rugby Confidential animé par Nogodi, un ancien joueur professionnel a lancé le débat autour des pelouses synthétiques en Top 14 et Pro D2, en compagnie de deux joueurs actuels.

Changement de stade le lendemain avec le Matmut Stadium et sa pelouse synthétique à Gerland.

C’est une tendance que Gazon Sport Pro H24 souligne depuis plusieurs années : les clubs de rugby professionnels misent de plus en plus sur des pelouses artificielles. Un choix qui peut être motivé par une utilisation intensive, des économies d’entretien, des conditions climatiques difficiles, etc. Elles étaient 8 en 2025, elles seront 11 dès la saison prochaine, avec des travaux réalisés à Aurillac, Agen et Colomiers actuellement.

Les pelouses synthétiques en Top 14 la saison prochaine : Lyon, Racing.

Les pelouses synthétiques en Pro D2 la saison prochaine : Agen, Aurillac, Biarritz, Colomiers, Montauban, Nevers, Oyonnax, Soyaux-Angoulême, Provence (en fonction des résultats du barrage).

Mais qu’en pensent les principaux intéressés, les joueurs ?

 

Une signature avortée à Montauban à cause du synthétique

Dans le podcast Rugby Confidential, animé par le YouTubeur Nogodi, en compagnie de Gaël Fickou, international français, et de Sacha Valleau, consultant en ancien joueur professionnel, le débat a été mis sur la table. Et les différents intervenants ont rappelé les différences de jeu et de ressenti entre pelouses naturelles et synthétiques.

« Pour moi, nous sommes une équipe faite pour la pelouse. Nous ne sommes pas une équipe qui va vite, nous sommes une équipe puissante », estime Gaël Fickou. Les terrains artificiels favorisent le jeu rapide et donc les équipes mobiles. La surface sur laquelle les équipes évoluent peut donc avoir un véritable impact sur les résultats. « Je pense que le renouveau du Stade Français, je le vois aussi dans cette superbe pelouse qu’ils ont à Jean-Bouin », lance Sacha Valleau.

Pour d’autres, comme Romain Trouilloud, c’est la récurrence des blessures sur ce type de surface qui peut interroger, même si aucune recherche scientifique ne le prouve actuellement. Le demi-d’ouverture de Grenoble rejoindra Provence Rugby et sa pelouse synthétique la saison prochaine. Il estime que les surfaces synthétiques sont aussi plus sujettes aux KO des joueurs, car plus fermes. À l’heure actuelle, la littérature scientifique ne permet pas de conclure de façon définitive à une surreprésentation des blessures sur les terrains synthétiques.

Sacha Valleau raconte ensuite une anecdote, alors qu’il était encore professionnel, ce dernier a refusé une offre de contrat de Montauban lorsqu’il a appris que la pelouse de Sapiac allait être convertie en synthétique. « A partir du moment où je savais que Sapiac allait passer en synthétique, je savais que je n’irai pas. Je me connaissais, je savais que je n’allais pas être performant, que mon corps allait avoir trop mal. » Gaël Fickou ajoute que certains rugbymen ne peuvent pas assumer physiquement ce type de surface, avec des corps trop fragiles.

Corentin RICHARD

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