Twickenham : une nouvelle pelouse capable de stocker 1,4 millions de litres d’eau

Publié le 2 octobre 2026 à 07h00

Catégorie : Actualités

La pelouse de l’Allianz Stadium de Twickenham a fait l’objet d’une reconstruction complète, après 14 ans sans réfection majeure. Grande nouveauté : le nouveau profil intègre un système capable de stocker jusqu’à 1,4 millions de litres d’eau sous la pelouse.

Le samedi 4 février marquait le début du Tournoi des Six Nations. L’occasion pour Gazon Sport Pro H24 de se pencher sur les six pelouses du tournoi, avec dans un premier temps Twickenham, le domicile du XV anglais.

C’est l’heure du grand changement pour la pelouse de l’Allianz Stadium de Twickenham. Après 14 années sans réfection majeure, la mythique pelouse repart de zéro en septembre 2026. Et ce chantier n’a rien d’ordinaire, comme nous l’explique England Rugby.

Et pour cause, Jim Buttar, responsable terrains et des opérations technique pour la RFU, ne voulait pas suivre les méthodes traditionnelles. Son objectif était de rendre la pelouse plus durable tout en limitant les coûts, notamment au niveau de la gestion de l’eau et de la fertilisation.

« Le conflit avec l’Iran et l’augmentation du coût des matières premières ont porté un coup énorme à tout cela. C’était déjà difficile pendant la pandémie, mais sur les cinq ou six dernières années, notre indice a augmenté d’environ 75 %. Et cela ne va faire que devenir plus cher…», explique-t-il.

« Depuis 30 ans, les terrains sont conçus pour évacuer l’eau rapidement. Qu’elle provienne de la pluie ou du réseau, elle traversait directement le terrain avant de partir dans les drains. Nous devions donc utiliser de grandes quantités d’engrais pour compenser ces pertes…», ajoute-t-il.

Première étape : enlever l’ancienne pelouse. Ce qui n’a pas manqué d’émouvoir le responsable, lorsque les premiers coups de pelleteuses ont été portés. La fin d’un chapitre, le début d’un nouveau.

 

Une pelouse venue de Scunthorpe

Le nouveau gazon a été cultivé en gazonnière, à la County Turf Farm de Scunthorpe. Les rouleaux de 11 m de long sur 1,20 m de large, pesant chacun un peu plus d’une tonne, ont ensuite parcouru près de 320 km jusqu’à Twickenham. Au total, 26 semi-remorques ont été nécessaires pour transporter le gazon, à raison d’environ 18 rouleaux par camion. En seulement deux jours, les équipes ont plaqué les 8 700 m² de la nouvelle pelouse.

 

Une gestion de l’eau innovante

Grâce à l’immense réservoir d’eau installé sous la pelouse, la consommation d’eau du réseau devrait être réduite de 80 %. La grande majorité de l’eau utilisée proviendra de ce réservoir. Etant donné que les éléments nutritifs ne seront plus évacués par les drains, les besoins en engrais devraient eux aussi diminuer.

Cette nouvelle gestion doit également s’appuyer sur la donnée. Des capteurs d’humidité individuels ont été intégrés au dispositif afin de suivre les différentes zones de la pelouse et d’adapter leur gestion en fonction de leurs besoins.

L’eau stockée circulera en permanence sous le terrain. Sa qualité sera régulièrement contrôlée, sur des critères comme le pH, les nitrates ou l’oxygène dissous. Afin d’éviter la stagnation de l’eau, le réservoir est équipé de deux ensemble de générateurs de nanobulles. « Les nanobulles transportent l’oxygène dissous et permettent d’éviter la stagnation de l’eau. Lorsque celle-ci circule à travers le profil, elle oxygène également le sol, le sable et la zone racinaire, favorisant ainsi l’accès du gazon aux éléments nutritifs », indique Jim Buttar.

 

Les chiffres clés des travaux : 

  • 35 km de canalisation sous la pelouse 

     

  • 1,4 million de litres de capacité de stockage d’eau sous le terrain

     

  • 26 semi-remorques nécessaires pour transporter la nouvelle pelouse

« Nous allons devoir complètement réapprendre ce que nous faisions depuis 20 ou 30 ans. Nous redéfinissons complètement notre manière de gérer le gazon – et c’est extrêmement enthousiasmant…», conclut le responsable des terrains. N’est ce donc pas cela qui fait toute la beauté de ce métier ? La nouvelle pelouse n’a d’ailleurs pas tardé à passer son premier test grandeur nature, avec la rencontre entre les Red Roses et les Black Ferns, disputée le 26 septembre.

Corentin RICHARD

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