L'avenir du golf selon un futur intendant

Publié le 24 janvier 2022 à 06h00

Catégorie : Pratiques

Robin Tissot, actuellement jardinier au Golf Grand Lyon Chassieu, sera le futur adjoint de Bruno Gardille, l’actuel intentant. Dans cette interview, Robin Tissot aborde des thématiques qui vont bouleverser le greenkeeping de demain.

Pourriez-vous vous présenter ?

J’ai 24 ans, je suis jardinier ici et l’année prochaine je vais passer la formation d’Intendant de parcours de golf au CFPPA des Flandres sur le site de Dunkerque pour évoluer en tant que véritable greenkeeper et devenir l’adjoint de Bruno Gardille, l’intendant actuel. Cela fait 4 ans que je suis jardinier ici au Golf Bluegreen Grand Lyon Chassieu.

Au niveau de l’équipe complète, nous sommes 6 en comptant les jardiniers, le fontainier et l’intendant.

Pourriez-vous présenter le parcours ?

Nous avons ici un parcours 18 trous et un compact de 6 trous. Le parcours est assez vallonné et technique. La spécificité ici est les butes de terre qui sont présentent un peu partout sur le parcours car a l’origine le terrain était plat.

Quel est la semaine type d’entretien du parcours

Pendant cette période, avant la pleine saison, on fait de l’entretien général c’est-à-dire que l’on taille les massifs, on coupe les arbres morts et tout ce genre d’entretien. On peut faire également de la création comme des aménagements sur des bassins. Nous avons d’ailleurs des travaux esthétiques en cours sur les bassins. C’est également pratique car cela va permettre d’aérer l’eau et d’éviter les algues et de remettre en place des poissons. On a également refaire deux nouveaux départs. Ceux du trou N°2 et N°18 En saison, on fait énormément de tonte, qui représente environ 80% du temps de travail. Sinon, c’est l’entretien des bunkers, la gestion de l’arrosage, de la fertilisation et beaucoup de travaux mécaniques.

Quelle est ta vision aujourd’hui du greenkeeping et comment le métier va évoluer ?

L’évolution du métier se trouve au niveau de la transition écologique, c’est ce qu’il y a de plus important. Cela permettra d’une part d’enlever la mauvaise image que les golfs ont comme étant très polluant. D’une autre part, cela nous permettra de travailler sur de nouvelles techniques agronomiques qui feront naître de nouvelles technologies. Cela va être très intéressant pour l’avenir de notre profession. Je pense que l’on travaillera plus sur du vivant qu’avant et moins sur du systémique. Avant dès qu’il y avait un problème, on le réglait par un produit. Maintenant, il va falloir travailler ce problème et le prendre à l’envers. Par exemple, au niveau des maladies, on va se demander et comprendre pourquoi on a cette maladie et ensuite on va régler le problème. Ici on a du dollar spot et de la fusariose

Avez-vous commencé à vous préparer au zéro phyto ?

On essaye de réduire énormément et cela passe par le travail du sol, beaucoup de travaux mécaniques et des apports d’engrais.

Le zéro phyto c’est brutal car c’est tombé d’un coup mais on essaye d’anticiper au maximum l’avenir. Je pense qu’il est possible d’entretenir un parcours avec du zéro phyto si la mentalité des golfeurs change.

Qu’est-ce que la nouvelle génération de greenkeeper va-t-elle apporter à la filière ?

Je pense que l’on peut faire bouger les choses en apportant un entretien qui sera plus valorisant d’une part le client qui va jouer sur un terrain plus sain puisque la grande tendance d’aujourd’hui est de consommer sain. Le golf, est notamment ici, est un véritable produit de consommation de la part des clients. Ils veulent faire leur loisir comme ils consomment. La génération qui voulait avoir un parcours comme elle le voyait à la télé commence à partir. Aujourd’hui, il y a une génération plus tolérante, plus raisonnée et qui a plus conscience des enjeux actuels.

Comment travaillez-vous avec la biodiversité ?

C’est un sujet que l’on a beaucoup traité. Pour lutter contre la chenille processionnaire, car ici nous avons beaucoup de pins, nous avons mis en place des nichoirs à mésanges. On va également mettre en place des nichoirs à vipères car nous en avons beaucoup ici.

Le métier de greenkeeper est-il stressant ?

Cela dépend d’où on l’exerce. Si c’est pour entretenir le parcours lors d’une Ryder Cup, je pense que là le stress est au maximum. Ici, il est présent mais c’est à une autre échelle. C’est plus au niveau des imprévus comme la peur d’avoir une maladie, une mauvaise surprise au niveau du matériel qui ne fonctionne plus ou des intempéries.

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)

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