La qualité de coupe des robots influence-t-elle la résistance du gazon à la sécheresse ?

Publié le 3 septembre 2026 à 07h00

Catégorie : Actualités

Lancé en mars 2026 par STERF et NIBIO, le projet H2Mow cherche à déterminer si la qualité de coupe des robots de tonte peut influencer la résistance du gazon à la sécheresse.

Depuis quelques années, les robots de tonte s’invitent progressivement dans les programmes de recherche scientifique consacrés au gazon. L’université d’Osnabrück et l’université de Pise ont notamment été parmi les premières à comparer les effets de la tonte robotisée à ceux des méthodes de tonte conventionnelles. 

C’est d’ailleurs lors des journées scientifiques d’Osnabrück du 17 au 19 août que le projet de recherche H2Mow, porté par STERF et NIBIO, a été présenté. Ce dernier pose la question suivante : la manière dont un robot coupe le gazon peut-elle modifier sa résistance à la sécheresse ?  Une question particulièrement actuelle alors que les épisodes de sécheresse et les restrictions sur les ressources pleuvent en Europe et poussent les gestionnaires à rechercher des surfaces capables de conserver leur qualité avec moins d’eau.

Des lames volontairement émoussées

Derrière cette question se cache notamment celle de la qualité de coupe produite par les robots. Lors des Field Days d’Osnabrück, les chercheurs ont présenté un dispositif expérimental particulièrement parlant : un robot est utilisé avec des lames présentant trois niveaux d’affûtage différents – affûtées, moyennement affûtées et émoussées – afin de provoquer différentes qualités de coupe.

Celles-ci sont ensuite analysées à l’aide d’une méthode de mesure particulièrement sensible. L’objectif est de déterminer si une coupe plus ou moins nette peut avoir des conséquences mesurables sur le comportement du gazon lorsqu’il est confronté à un manque d’eau.
H2Mow ira également plus loin en croisant plusieurs paramètres. Les chercheurs étudieront la qualité de coupe, mais aussi la hauteur de tonte et les espèces ou mélanges utilisés sur les fairways. Le programme doit parallèlement faire progresser les méthodes permettant de mesurer le niveau de stress hydrique du gazon.
L’enjeu est donc de dépasser la seule comparaison entre tonte robotisée et tonte conventionnelle pour comprendre si certains réglages et certaines pratiques permettent d’utiliser les robots de manière plus favorable en période de sécheresse.

Des essais en conditions réelles sont menés dans des stations de recherche de Norvège et d’Allemagne afin d’évaluer leur influence sur la résistance à la sécheresse.  « Des essais de démonstration sur des terrains de golf en Suède et en Allemagne permettront d’explorer des pratiques de gestion susceptibles d’améliorer la résistance à la sécheresse et au Dollar Spot sur les fairways entretenus par des robots tondeuses. Les résultats de ce projet fourniront aux responsables de terrains de golf des recommandations pratiques pour maintenir des fairways résistants à la sécheresse et de haute qualité », lit-on sur le site du STERF.

Le projet sera mené jusqu’en décembre 2028 par Anne Friederike Borchert, chercheuse au NIBIO, avec Michael Bekken, Martin Thieme-Hack et Maximilian Karle de l’université d’Osnabrück. 

 

Corentin RICHARD

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