Carnets de confinement – Épisode 2

Publié le 16 avril 2020 à 05h00

Dans ce deuxième épisode, nous passons en revue vos réponses à la question suivante : « Cette période de confinement n’est-elle pas “bienvenue” pour réaliser certaines opérations ou au contraire pour laisser tout ou partie de vos terrains “au repos” ? » Morceaux choisis.

En première approche, cette période de confinement peut paradoxalement être considérée comme une aubaine pour la santé des gazons, à en juger par un grand nombre de vos réponses. Illustration avec celle d’un greenkeeper :

« Cette période permet d’apporter un souffle supplémentaire au terrain. Les zones de jeux sont moins régulièrement tondues, le but étant de garder un parcours prêt à repartir après le confinement. Cette période de fermeture permet également de réaliser les opérations habituellement impossibles ou difficilement réalisables. »

On l’a vu, l’application de traitements nécessitant d’observer des délais de rentrée sont de fait facilitées par le confinement. C’est également le cas de certains travaux mécaniques, notamment sur les greens, d’ordinaire sollicités en permanence. Un confère picard confirme :

« Comme beaucoup de golfs nous avons fait l’aération des greens et prévoyons celle des colliers et départs. On fait le suivi de l’arrosage car, aussi surprenant que cela puisse paraître, en Picardie il ne pleut pas depuis plus de 15 jours… »

Un intendant adjoint positive à son tour, soulignant l’importance de transformer cette crise sanitaire en opportunité :

« C’est une situation jamais vue, et ne rien pouvoir réaliser pendant toute la durée du confinement – aération des différentes zones de jeux, fertilisation, remise en marche du système d’irrigation, semis et plaquage… – aurait été trop dommage. »

Dans l’ensemble, cette absence de public utilisateur est donc plutôt perçue comme bienvenue (moins de tontes, de remises en place…). Sauf bien sûr pour le chiffre d’affaires des clubs, comme le rappelle un directeur de golf…

Un autre greenkeeper relativise quant à lui cette « aubaine », puisque son équipe abat « exactement le travail qui est prévu pour cette période [mais toutefois] avec l’avantage d’avoir les parcours sans golfeurs. »

De plus, des difficultés se font jour, touchant notamment les circuits d’approvisionnement en produits et matériels, du fait du ralentissement général de l’économie, qui remettent en question certaines opérations d’entretien. C’est ce que confirme Julius le Tutour, responsable des pistes des hippodromes de Lyon :

« Les opérations mécaniques type Vertidrain ont du coup été faites et avancées, néanmoins je devais recevoir un peigne pour du défeutrage et, du fait duconfinement, la livraison a été retardée… »

De plus, les mesures de chômage partiel prises par certaines directions font que les travaux sont parfois réduits à leur strict minimum, comme le déplore Christophe Rontai, greenkeeper en Dordogne :

« Nous ne disposons pas d’assez d’effectifs (4 personnes à 35 heures sur 5 jours) pour certains travaux . »

Des réductions d’effectifsimposées notamment par les mesures de protection sanitaire visant à limiter la propagation du Covid-19, à plus forte raison quand les équipes ne peuvent bénéficier d’équipements de protection en nombre suffisant, ce que regrette Guy Talpe, greenkeeper du golf de Cannes-Mougins .

« Aucun travail nécessitant deux personnes ou plus n’est entrepris, nous n’avons pas de masques qui nous permettraient de garantir la sécurité de chacun. »

Heureusement, certains clubs ne sont pas logés à la même enseigne, à l’image de ce greenkeeper francilien qui a pu appliquer des « mesures de sécurité avec [son] équipe », incluant le port obligatoire de gants et de masques …

Vous pouvez retrouver le premier épisode des « Carnets de confinement » ici.

redactcion.gsph24atprofieldevents.com (Idir Zebboudj)

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