OM : la pelouse du Vélodrome fait débat

Publié le Vendredi 09 mars 2018 à 11:17

Le gazon du stade de Marseille fait polémique, quelles sont les raisons qui font que la pelouse d'un club aussi prestigieux ne répond pas aux exigeances d'un club de Ligue 1 ?

Velodrome-Marseille

La pelouse du stade Vélodrome fait à nouveau parler d'elle, nous vous le disions en octobre dernier, elle avait été changée suite au concert du rappeur Soprano. Après le match OM-Nantes du 4 mars, plusieurs voix se sont élevées pour commenter l'état du gazon du stade de Marseille.  Le match France-Italie pour le compte du Tournoi des 6 Nations (34-17) qui a eu lieu sur le terrain le vendredi 23 février explique en partie l'état de la pelouse mais déjà avant cette rencontre, il présentait des signes de faiblesses. 

Bien malheureusement, dans ce genre de situations, les premiers à être pointés du doigts, sont les jardiniers qui entretiennent le gazon. La réalité est bien différente comme le rappelle la Société Françaises des Gazons dans un communiqué de presse. A Marseille, la gestion du stade est multipartite, la ville possède le stade et donne l'exploitation à une société - Arema - qui se charge de faire vivre le site comme un lieu de rassemblement culturel et sportif pour dégager une rentabilité à la hauteur de l'investissement. Cette même société sous-traite de son côté l'entretien de la pelouse à un prestataire paysagiste spécialisé des sols sportifs - en l'espèce Parcs & Sports. Ce modèle de gestion peut engendrer des difficultés, les intérêts de ces différentes parties divergent, la qualité de la pelouse n'était pas au cœur de la stratégie de tous les acteurs de cette chaîne. 

Face aux critiques, Arema, défend la qualité du terrain : "La pelouse a été analysée par le cabinet Novarea, expert, jeudi dernier. Son évaluation a confirmé qu'elle répondait aux normes et était conforme à la jouabilité attendue. Ce rapport de cabinet d'expertise a été adressé à l'OM avant le match.

Qu'est-ce qui peut donc expliquer le mauvais état du gazon ? D'abord l'architecture du stade comme le rappelle François Brouillet, membre de la SFG et président d'Hydraparts : "La seule et unique raison qui explique l'état de la pelouse du Vélodrome est qu'il a le toit le plus haut d'Europe (65 mètres). Et dans ce stade, la luminothérapie est insuffisante pour faire pousser le gazon. En cette saison à midi, le soleil ne touche que le virage Nord. Et comme il a fait froid durant les trois derniers mois, que les matches s'enchaînent, c'est insuffisant pour que le gazon se régénère. On en arrive alors à une qualité qui n'est pas bonne."
Autre problème : le manque d'équipements performants, comme le souligne l'expert : "Le stade est sous-équipé. Il y a un problème d'affectation des budgets. Les équipes en place au Vélodrome sont tout à fait compétentes, elles savent très bien faire le boulot, mais elles ne peuvent pas réaliser des miracles. Il y a bien sûr des rampes de luminothérapie, mais elles sont toutes petites... C'est Arema qui n'a pas investi et n'a pas pris les choses dans le bon sens."

Même les joueurs en viennent à se plaindre de l'état de la pelouse, Morgan Sanson a déclaré "C'est compliqué de jouer simple. Au lieu de jouer en deux touches, on joue en trois car le terrain ne le permet pas. La pelouse est catastrophique, tout simplement... Ça ne nous facilite pas la tâche. Ça fatigue, on utilise plus d'énergie qu'au Parc des Princes, par exemple." Jordan Amavi a rappelé que la qualité de la pelouse avait un impact direct sur le jeu, au delà d'un aspect simplement esthétique : "C'est embêtant, on l'a vu à la fin du match, un ballon m'est passé au dessus du pied."

Source : La Provence et la SFG