Eté 2026 : Le retour du vandalisme sur les parcours de golf
Publié le 28 août 2026 à 09h45
Catégorie : Actualités
Après une accalmie en 2025, les actes de vandalisme sur les greens de golf se multiplient ces dernières semaines. Les dégâts causés sont importants et soulignent l’absence de dialogue entre les détracteurs et leur cible.
Le vandalisme fait-il son retour sur les parcours de golf français ? Plusieurs établissements ont été victimes de dégradations volontaires ces dernières semaines, dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse qui ravive les critiques autour de l’utilisation de l’eau. Le Golf de Poitiers-Mignaloux, le golf de Tremblay-sur-Mauldre ou encore des parcours situés à Roissy-en-France et Noues-de-Sienne ont notamment été cités parmi les sites récemment touchés.
En 2022, 2023 et 2024, les golfs avaient été particulièrement pris pour cible avec des dégradations conséquentes. On pense notamment au Golf de Saint-Cloud, qui avait vu une dizaine de ses greens labourés. L’année 2025 a été plus clémente et le phénomène semblait s’apaiser. L’été particulièrement humide n’y est peut-être pas étranger. L’été 2026 marque donc, pour l’heure, le retour de plusieurs actes de vandalisme sur les parcours français.
Des dégradations et de l’incompréhension
Au Golf de Poitiers-Mignaloux dans la Vienne, un green a été découpé, des plaques de gazon arrachées, des carottes plantées et un message : « Moins de green, plus de racines ».
Du côté du golf de Tremblay-sur-Mauldre, dans les Yvelines, trois greens ont été saccagés, au plus grand désarroi de son directeur Emmanuel Bachot. Des inscriptions comme « bourgeois de merde » ou « sport de luxe » jonchent le sol, aux côtés de symboles anarchistes, comme le relate Europe 1. Les dégâts pourraient être particulièrement lourds pour la structure indépendante. Le directeur estime à environ 20 000 euros le coût de réfection d’un green, soit jusqu’à 60 000 euros si les trois surfaces touchées doivent être entièrement refaites.
Derrière ces dégradations, c’est notamment l’utilisation de l’eau par les golfs en période de sécheresse qui est pointée du doigt. Dans la Vienne, les auteurs de l’action proposent ainsi de transformer les greens en potagers collectifs à destination de la population. Le débat a également gagné la sphère politique. L’eurodéputée LFI Emma Fourreau a réagi sur X en dénonçant les dérogations accordées aux golfs en matière d’arrosage, qu’elle oppose aux restrictions imposées à la population et aux espaces verts. « L’eau est un bien commun, pas un privilège de classe », écrit-elle.
🚨 Sécheresse : stop aux privilèges et aux passe-droits.
— Emma Fourreau (@emma_frr) August 15, 2026
L’ouest du Calvados est placé en crise sécheresse. Des restrictions d’eau s’imposent aux habitant·es, l’arrosage des espaces verts est strictement interdit… Mais les golfs bénéficient de dérogations !
L’eau est un bien… pic.twitter.com/CY0FJfvzNQ
Ces actes, d’où qu’ils soient en France, provoquent l’incompréhension du côté des gestionnaires, qui affirment faire des efforts et respecter ce qui leur est demandé dans le cadre de la législation. « Il y a de la révolte, il y a de l’écœurement. C’est dur à comprendre. Même si des personnes ont des idées par rapport à l’utilisation de l’eau, ça ne justifie en rien ces actes. On est un peu abattu parce que ça entraîne des coûts hyper importants de réparation », confie le directeur au micro d’Europe 1.
Idem du côté de Manuel Pétreau, co-propriétaire du Golf de Poitiers-Mignaloux, qui s’insurge sur son LinkedIn : « Avoir des convictions, les exprimer, questionner nos pratiques, nous interpeller sur l’impact environnemental d’un golf : c’est légitime. Et c’est même nécessaire pour faire évoluer les choses. Mais défendre une cause ne donne pas le droit de détruire le travail des autres. Car derrière un green, il n’y a pas simplement quelques mètres carrés de gazon. Il y a des salariés qui travaillent tôt le matin pour entretenir le parcours. Il y a une entreprise, des emplois, des investissements, des adhérents, des visiteurs. Il y a surtout des femmes et des hommes qui consacrent beaucoup d’énergie à faire vivre et évoluer ce lieu », peut-on lire.
Au-delà des dégâts matériels, les gestionnaires regrettent de façon générale que la dégradation soit préférée au dialogue autour des pratiques et de l’impact environnemental des golfs. D’autant plus que bon nombre d’intendants se disent prêts à prendre le temps d’expliquer leurs pratiques, notamment en termes de gestion de l’eau.