Hippodrome de Dax : L’homogénéité des pistes avant l’esthétique
Publié le 3 août 2026 à 07h00
Catégorie : Pratiques
Depuis la réfection complète de sa piste engazonnée au printemps 2023, après un épisode de pythium, l’hippodrome de Dax est reparti sur de nouvelles bases. Mais pour Aurélien Micheau, la gestion des maladies reste complexe, notamment en raison d’un système d’arrosage vieillissant qui ne permet pas une irrigation homogène des pistes.
A Dax, l’hippodrome est reparti sur une base saine depuis le printemps 2023. La piste engazonnée avait fait l’objet d’une réfection complète après avoir été durement touchée par le pythium. Difficile de gérer les maladies pour Aurélien Micheau, régisseur et responsable des pistes de l’hippodrome de Dax, sur des pistes où l’homogénéité de l’arrosage est problématique, comme confié à Paris Turf.
« Le système actuel, vétuste et pensé pour limiter le nombre d’arroseurs via des têtes grande portée, irrigue à la fois la piste d’obstacles et la piste plate malgré des largeurs et des besoins en eau très différents. Concrètement, pour atteindre un sol comparable, la piste d’obstacle peut nécessiter, par exemple, 10 mm quand le plat n’en requiert que 4. Lors des réunions mixtes, je suis obligé d’arbitrer entre deux risques : surarroser la piste de plat ou sous-arroser celle d’obstacle. Cette hétérogénéité est mesurable : lorsque je vise 5 mm/jour sur la piste plate par fortes chaleurs (30-35°C), certaines zones reçoivent 3 mm et d’autres 7 mm. Sur 20 jours, des secteurs peuvent cumuler 140 mm tandis que d’autres n’atteignent que 60 mm, un différentiel qui déstabilise l’état du gazon et le comportement de la piste », explique-t-il. S’ajoutent à cela des prévisions météorologiques parfois inexactes qui rendent la gestion de l’arrosage encore plus complexe.
Dans ce contexte, Aurélien Micheau a fait un choix : celui de l’homogénéité au détriment, parfois, de l’esthétique. «Désormais, je privilégie la régularité du terrain à l’esthétique : je préfère renoncer à un vert luxuriant pour maintenir une portance homogène et un comportement régulier, surtout lors d’une canicule où 48 heures sans eau, c’est une catastrophe. » Le régisseur de pistes n’aurait pas ce dilemme avec un système d’arrosage moderne, qui permet une irrigation précise. Mais le coût des travaux, estimé à 350 000 €, est hors budget pour l’hippodrome dacquois.
Une autre solution serait, selon Aurélien Micheau, d’adapter les calendriers régionaux en fonction des conditions et des moyens de chaque hippodrome. « Ce qui serait formidable, même si je ne suis pas sur que cela se fasse un jour, ce serait de pouvoir réunir entre hippodromes Premium du Sud-Ouest et se concerter, en fonction des contraintes de chacun, pour savoir qui aurait le plus d’intérêt, du strict point de vue des pistes, à courir l’été, à l’automne, à l’hiver, au printemps. Je suis convaincu que cela simplifierait la tâche des responsables de pistes », confie-t-il. Une bonne idée qui mérite d’être considérée.