Carnets de confinement – Épisode 3

Publié le Jeudi 23 avril 2020 à 07:00

Cette semaine, dernier volet de vos réponses à notre questionnaire, visant à rendre compte de la manière dont le confinement peut être vécu par les intendants. Ce contexte exceptionnel ajoute-t-il du stress supplémentaire à votre activité? Vos réponses dans le texte...

Coronavirus.jpg

Episode 1

Episode 2

Bien sûr, l'épidémie de Covid-19 est en elle-même source de stress, comme pour n'importe quelle personne : malgré le respect des gestes barrière sur le lieu de travail, et sans parler de psychose ou de paranoïa généralisée, difficile pour les professionnels d'occulter la possibilité d'être contaminé par une autre personne porteuse du virus...

Mais la crainte de contracter la maladie n'est pas votre seule cause de tracas. Les mesures de chômage partiel prises par de nombreuses directions ajoute un stress d'ordre matériel. Au-delà de la perte de salaire qui s 'ensuit (malgré le dispositif d'activité partielle du gouvernement, plafonné à un taux horaire de 35 heures par semaine), c'est parfois la pérennité des emplois qui suscite des interrogations, voire des inquiétudes, nourries par la relative incertitude quant à la date du déconfinement. Un greenkeeper s'interroge :

« L'entreprise sera-t-elle viable si cette situation se prolonge ? »

 

Néanmoins, le fait de pouvoir continuer à travailler, même en chômage partiel, peut constituer une vraie bouffée d'oxygène en période de confinement ! C'est en tout cas l'avis de cet autre greenkeeper :

« Paradoxalement les jardiniers - ils travaillent deux jours par semaines- viennent au boulot dans le but de sortir du confinement et s’aérer, surtout ceux qui habitent en appartement. »

 

Revers de la médaille, la difficulté est d'absorber la même charge de travail à effectif réduit, surtout en période de reprise, comme c'est le cas pour les golfs, mais aussi pour la plupart des d'hippodromes :

« [La situation est stressante] dans le sens où beaucoup de mon personnel se retrouve au chômage partiel ( turn-over d’une équipe de deux personnes par semaine pour deux sites contre 11 habituellement ) et que le travail d’entretien pour une future reprise d’activité dans de bonnes conditions reste le même. » - Julius le Tutour, responsable des pistes des hippodromes de Lyon.

 

Un greenkeeper enchérit :

« C'est le début de saison, on ne peut pas faire le travail pour une reprise correcte de la végétation, et on se pose beaucoup de questions quant à la manière d'aborder les travaux d'intersaison, si tant est qu'on puisse les faire... »

 

Et plus la durée de confinement s'allonge, plus le retard à rattraper (pour peu qu'il le soit) peut donner des cheveux blancs aux professionnels. Alors il faut se réorganiser au mieux pour limiter les dégâts :

«Il est impossible de valoriser le terrain, nous sommes obligés de prioriser certaines activités »

Christophe Rontai, greenkeeper, Golf du Château des Vigiers (Dordogne).

 

Une autre difficulté source de stress s'ajoute à tout cela : l'entretien et le SAV du matériel se corse, faute de personnel disponible, mais aussi du fait de la perturbation des filières d'approvisionnement et de livraison.

 

Et quid de la situation à la sortie du confinement ? Comment vont se dérouler les « retrouvailles » entre les joueurs et leurs parcours fétiches ? Dans quelle mesure les moyens financiers des intendants vont-ils pâtir de cette pandémie ? Autant de questions qui pourront causer quelques nuits blanches à certains. Mais comme le veut l'adage, à chaque jour suffit sa peine...

 

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Idir Zebboudj)